CODAGE + IMAGES EN COURS.
Ce fut Lester qui mit fin aux railleries, querelles puériles et élucubrations sans queue ni tête. Lassé par le brouhaha constant et conséquent de ces hommes et ces femmes remontés prêts à mettre Neverland à feu et à sang, il monta sur la table centrale et leva les bras pour appeler au silence. « Puisqu’aucun de vous n’est capable de trouver un terrain d’entente, voilà ce que nous allons décider pour l’instant : chacun ici a pour ordre de capturer et de me livrer enfants, indiens, fées ou sirènes qui oserait se montrer agressif ou belliqueux envers l’un de vous. » L’assemblée fut parcourue d’un murmure général, qui fut bien rapidement écrasé par le ton charismatique et grondant de Lester. « Nous n’attaquerons pas, pas maintenant. S’ils ne l’ont pas eux-mêmes fait, c’est qu’ils ont une bonne raison. Avons-nous peur d’une bande de gamins armés de bâtons et de cailloux, et quelques sauvages à moitiés nus munis d’arcs alors que nous avons des armes à feu ? N’ayez craint mes amis, ils n’auront jamais le dessus. Occupons-nous seulement des courageux, les autres viendront plus tard. » Il redescendit de la table sous un tonnerre d’applaudissements et de grondements, parfois déçus, parfois heureux, et se retira fièrement de la taverne où ils étaient tous rassemblés. Lester avait conscience que ses règles ne seraient qu’à moitié respectées et que les habitants de Rivebois en abuseraient. Qu’ils délogeraient quelques enfants, indiens, sirènes ou fées en les faisant passer pour assaillants. Il fallait être prudent. Parce que malgré tout, les enfants et les indiens étaient encore les maîtres de l’île, de la magie, et c’était un puit de puissance non négligeable. Il fallait être intransigeant avec adultes et pirates qui se pensaient immortels, pour l’instant.